Call Us 450 361 2177
Stay connected:

Ce que je pense du co-dodo…

Hier, j’ai lu un article qui m’a donné envie d’écrire un billet! Ça faisait longtemps! Le titre du billet est: faire dormir son enfant avec soi. Il est écrit par Dre Nadia Gagnier, psychologue pour enfant animant une émission très populaire au Canal Vie. Vous trouverez l’article en question par ici.

Voici un extrait, pour ceux n’ayant pas le temps d’aller le lire en entier:

[…] lorsqu’un enfant d’âge préscolaire ou même plus vieux partage le lit de ses parents, ces derniers parlent souvent de cette situation comme étant problématique. Il va sans dire qu’un enfant dans le lit conjugal limite drôlement la possibilité d’avoir des moments d’intimité en couple! De plus, lorsque l’enfant n’est plus un bébé, le cododo limite l’autonomie du sommeil (c’est-à-dire la capacité à s’endormir seul). En fait, tous les parents souhaitent que leur enfant développe son autonomie sur plusieurs plans : s’habiller, communiquer, se déplacer… Il devrait en être de même pour sa capacité à s’endormir seul!

Lorsque l’enfant ne possède pas cette forme d’autonomie, cela peut éventuellement limiter son développement social, notamment en l’amenant à refuser des invitations à dormir chez des amis ou à participer à une classe neige, puisque ces situations impliquent de dormir sans ses parents.

Plusieurs motifs peuvent amener des parents à accepter de faire dormir l’enfant avec eux :

» épisodes de cauchemars ou de terreurs nocturnes;

» anxiété de séparation chez l’enfant;

» anxiété chez l’enfant à la suite d’une situation stressante (déménagement) ou d’une transition familiale (divorce);

» souhait du parent monoparental d’avoir une présence dans son lit (carence affective);

» anxiété du parent pour son enfant et qui cherche à le surprotéger;

» souhait d’éviter les crises de l’enfant et ainsi de rattraper un manque de sommeil; etc.

À court terme, la solution de faire dormir son enfant avec soi peut avoir pour effet positif de calmer tout le monde et, surtout, de permettre à tout le monde de dormir une nuit complète. Toutefois, à long terme, la présence d’un enfant dans le lit conjugal peut devenir gênante pour la santé du couple. De plus, en acceptant de le faire dormir avec soi, on transmet à l’enfant un ou plusieurs des messages suivants :

» il a raison d’avoir peur;

» il est dangereux de dormir seul dans sa propre chambre;

» un de ses parents a besoin de lui pour dormir.

Avant de vous donner mes impressions, laissez-moi vous raconter comment ça fonctionne, chez nous. Nous avons une chambre familiale. Un lit queen surélevé et 2 matelas de lit simple à même le sol. Mon garçon de 4 ans fait ses nuits depuis 1 an, malgré le fait que je l’ai sevré la nuit assez tôt et que nous ayons tout fait pour le faire dormir dans sa bassinette, dans sa chambre. Il dort dans notre chambre depuis un peu plus d’un an… coïncidence? Je ne sais pas. Mon plus jeune, qui a maintenant 2 ans, a dormi dans son berceau à côté de moi jusqu’à ses 7 mois, âge auquel l’anxiété de séparation étant plus forte (il refusait de ne pas sentir notre chaleur près de lui, la nuit). Il a donc dormi dans notre lit ensuite, jusqu’à ses 18 mois, environ. Nous avons ensuite introduit le matelas au sol. Nous l’y endormons maintenant, mais pendant la nuit, il vient nous rejoindre et nous terminons la nuit ainsi.

Pour en revenir à l’article, premier point qui me fait réagir, c’est la « santé » du couple! Je crois qu’il faut manquer d’imagination pour penser ainsi! Pour moi, le lit est un endroit pour dormir…

Lorsqu’elle parle d’autonomie du sommeil, je ne suis pas trop sûre de ce qu’elle veut dire! Ni en quoi c’est négatif… je ne sais pas si elle se base sur des études, je ne sais pas non plus d’un enfant de quel âge elle parle… Pour être toujours présente quand mon enfant de 2 ans s’endort (celui de 4 ans s’endort seul), je peux dire que je ne regrette pas une seule des secondes qui passent pendant que je le sens se calmer, puis s’endormir. J’adore ces moments où je vois ses paupières devenir lourdes, où je le sens s’abandonner au sommeil, en toute confiance.

Le développement social!! Je l’ai trouvé bien bonne! Lorsqu’elle parle d’enfants qui vont dormir chez des amis, qui vont en classe nature, j’imagine qu’il s’agit d’enfants de 7-8 ans… même mon enfant de 2 ans, qui dort pourtant encore dans notre lit, peut passer une nuit chez sa grand-maman sans même une larme! Pour moi, sécuriser des enfants, autant la nuit que le jour, ne peut qu’aider à la confiance qu’ils ont en eux-même, en leur valeur, ainsi que leur confiance en les autres. Et, honnêtement, je ne m’imaginerais pas mon enfant de 7-8 ans dormir encore avec nous, je suis sûre qu’il demanderait lui-même à avoir sa place, son intimité, ses bébelles, sa chambre avec la couleur qu’il a choisie, etc.

Écouter son enfant est pour moi une question de respect de l’être humain qu’il est. C’est une façon de lui exprimer notre amour. Le co-dodo entre naturellement dans l’écoute des bébés et des enfants. Je ne crois quand même pas que se soit une recette, chaque famille doit trouver la solution qui va apporter le plus de paix, de respect de ses membres et… de sommeil pour tout le monde. Il n’y a pas de solution miracle, il n’y a rien qui fonctionne pour tout le monde.

Je crois que c’est pour cette raison que je réagis ainsi à cet article. Les « experts » qui amènent des solutions toute faites, bonnes pour tout le monde, qui pensent le plus souvent avec leur tête en n’envisageant la plupart du temps que le point de vue des adultes, me font horreur! Pour moi, la vraie solution réside dans le pouvoir individuel des parents, ils devraient savoir que se sont EUX les vrais experts de leurs enfants! Ils n’ont besoin que d’apprendre à écouter leurs enfants et à prendre une décision en ayant toutes les données en mains. Si pour eux, que l’enfant dorme dans une autre chambre est ce qui les aide le plus, tant mieux (tant que leur enfant le prend bien aussi…), si c’est le c0-dodo qui est la solution parfaite pour tout le monde, tant mieux aussi.

* * *

Et vous, que pensez-vous des solutions toutes faites, bonnes pour tout le monde? Des « experts » en petite enfance? Êtes-vous capables de trouver vos propres solutions, de vous écouter et d’écouter vos enfants? Avez-vous lu beaucoup de livres qui proposent des recettes pour régler les problèmes?