Call Us 450 361 2177
Stay connected:

Vos enfants sont-ils vraiment en «sécurité»?

Bon, ça fait longtemps que j’ai pas écrit, encore une fois! Tellement qu’on me met maintenant de la pression pour que je sorte un billet! he he! Pas facile de concilier démarrage d’entreprise, famille, couple, vie sociale, entretient ménager… et un blogue! Surtout quand le blogue porte avant-tout sur des sujets découlant de la psychologie! Ça me demande un temps d’arrêt sérieux, dans tout le brouhaha de ma vie… Bref, chapeau à toutes celles qui le font, cette conciliation!

Je lis un nouveau livre… eh oui! Mon dévolu s’est cette fois jeté sur Un monde sans enfance, de Chantale Proulx. Une brique assez dure à lire. En fait, le début du livre est dur à lire parce qu’il montre la société comme elle est, vue à travers des recherches et études qui nous met en pleine face tout ce que les bébés et les enfants peuvent vivre… La suite est difficile à lire parce qu’il s’agit de notion de psychologie sur les troubles de l’attachement. Comme je n’ai jamais étudié en psychologie, cette lecture a été un peu lourde et j’en ai passé des bouts rapidement, je l’avoue. Je suis maintenant rendue à la place du père, ce qui est tout à fait fascinant pour moi!

Mais ce n’est pas de ça dont je veux discuter aujourd’hui. À la page 107, il y a un extrait du livre qui me parle beaucoup, concernant toute l’importance que nous accordons à la sécurité physique de nos enfants:

On peut remarquer qu’à l’heure où la sécurité de base des bébés – la sécurité intérieure – est menacée, on se préoccupe énormément de leur sécurité extérieure. […] Dès la naissance, on place le bébé seul dans un lit dans une magnifique et grande chambre à coucher. Étant donné qu’il peut mourir du syndrome de mort subite, on essaie de calmer notre anxiété en plaçant un moniteur d’écoute à ses côtés. […]

En général, on se fait parent taxi vers l’école et vers les activités. On attache les enfants à bord des véhicules. On oblige le port de casques de sécurité et de diverses protections avant de faire une activité physique. On contrôle les fréquentations de nos enfants. On les protège contre le soleil. On s’assure que l’environnement est sans fumée. On préfère qu’ils aient des activités organisées plutôt que de les laisser jouer dehors sans contrôle de notre part. On les vaccine massivement. La plupart de nos mesures compulsives de sécurité sont inefficaces ou dangeureuses pour la santé globale des enfants. La plupart du temps, la solution (protection solaire) est aussi dommageable que la cause (soleil). Ces solutions «en vente» sont tout simplement des moyens simplistes qui ont pour fonction de faussement nous rassurer. Il suffit qu’un jeune ouvre le feu dans une école pour que tout le monde s’effraie et que l’on se rende compte rapidement que nous évoluons dans un monde de plus en plus insécurisant.

[…] Les enfants ont besoin que l’on enrichisse leur petit monde d’outils d’adaptation pour faire face à l’aventure de la vie. C’est le développement de l’imaginaire et de l’intuition, de la capacité de communiquer avec les autres, du jugement des situations, du sentiment de confiance et de l’acceptation de l’imprévisible, qui peuvent leur fournir les moyens de se projeter humainement et avec sécurité dans le monde. C’est probablement une bonne chose de les attacher, particulièrement si l’on n’oublie pas de les accrocher aussi aux beautés de la vie. Parce que ce manque d’accros à la vie peut causer la mort volontaire. Éduquer n’est pas forcément synonyme de protection. Éduquer c’est aussi de préparer nos enfants à l’imprévisible. Éduquer c’est humaniser.

Ouf! J’adore cette dernière phrase: «Éduquer c’est humaniser».

Au début du texte, elle mentionne que nos enfants n’ont pas tous une sécurité intérieure. Elle élabore plus sur ce sujet au début de son livre, c’est la partie dure à lire en fait. Le principal sujet est la garderie, toujours du point de vue de plusieurs études. Il a été démontré que d’envoyer son enfant en milieu de garde, à temps plein (au moins 35h par semaine), avant 2 ans (ou 18 mois selon le Dr. Chicoine) a des impacts sur son style d’attachement. Tout dépend évidemment de plusieurs facteurs, mais grosso-modo, il n’y a aucun avantage (autre qu’économique), à utiliser ce service. Si c’est un sujet qui vous intéresse, je vous suggère fortement la lecture de ce livre ou La science au service des parents de Margot Sunderland ou encore Le bébé et l’eau du bain, du Dr. Jean-François Chicoine et de Nathalie Collard. Vous pouvez d’ailleurs lire une entrevue avec le Dr. Chicoine ici. En fait, ces données sur le développement affectif des enfants sont de plus en plus accessibles et répandues. Si vous avez d’autres sources, merci de les partager sur ce blogue!

Pour ce qui est de la sécurité physique, je suis d’accord avec elle lorsqu’elle trouve que nous ne mettons pas toujours nos priorités à la bonne place. Elle est évidemment importante, cette sécurité, mais se renseigner nous permet de faire des choix éclairés en pesant le pour et le contre dans chaque situation. Évaluer les risques, faire un choix et en assumer les conséquences. Pour moi, c’est la meilleure façon de ne pas se sentir coupable et d’agir en toute conscience. Mais pour ça, il faut d’abord et avant tout s’informer. Je pense à la vaccination, à l’épidurale, à la crème solaire (!), à l’alimentation, au choix de l’endroit où va dormir notre trésor, etc.

Et vous, arrivez-vous à trouver le temps et l’énergie pour les faire, ces recherches, avant de faire vos choix? Comment vivez-vous avec cette grande responsabilité sur la vie des petits êtres humains qui sont vos enfants?

* * *

Pour d’autres extraits du livre Un monde sans enfance, cliquez ici, c’est la deuxième heure de l’émission Par 4 chemins de Jacques Languirand, à la radio de Radio-Canada.

Ici, vous trouverez une autre entrevue super intéressante avec Nathalie Collard (Le bébé et l’eau du bain) sur la garderie et la culpabilité.