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Réflexions sur la puériculture… ou la culture des bébés!

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit. J’ai, encore une fois, été complètement débordée. Mais ce n’est pas une raison, j’aurais quand même pu trouver quelques minutes pour continuer la mission que je me suis donnée: celle de réfléchir sur le Concept du continuum… la VRAIE raison, c’est que je savais que mon prochain billet serait difficile à lire et à écrire. Je dis lire parce que je devais me lancer dans une lecture qui m’a énormément ébranlée lorsque je l’ai fait l’an dernier. Elle l’a encore fait d’ailleurs… je repoussais ce moment où je devais me replonger dans les émotions d’un tout petit bébé occidental qui ne comprend pas ce qu’il se passe. Mais voilà, c’est fait, je l’ai lu. En voici maintenant quelques extraits, tirés des pages 95 à 109. Oui, c’est long! Mais j’ai sélectionné les bouts que je trouvais les plus pertinents…

En réalité, il n’y a aucune différence pour lui entre la maison et la maternité de l’hôpital, sauf en ce qui concerne ses fesses irritées. Les heures où il est éveillé, l’anfant les passe dans la nostalgie, le désir ardent et l’attente interminable que le bon ordre des choses soit rétabli. Quelques minutes par jour, son désir devient réalité, car voilà qu’on répond à son besoin plus qu’ardent d’être touché, porté et bougé. Sa mère fait partie de celles qui, après avoir longuement réfléchi, ont décidé de lui autoriser l’accès à leur sein. Elle aime son bébé d’une tendresse qu’elle n’a encore jamais ressentie auparavant. Au début, c’est difficile pour elle de le recoucher dans son berceau après la tétée, surtout parce qu’il pleure désespérément. Mais elle est convaincue qu’elle doit le faire parce que sa propre mère lui a expliqué (et elle sait de quoi elle parle) que si elle cède à ses caprices, il deviendra un enfant gâté et lui causera bien des soucis plus tard. Elle veut tout faire pour le mieux. Pendant un instant, elle ressent que le petit être qu’elle tient dans ses bras est plus important que tout.

Elle soupire et le recouche gentiment dans le berceau orné de petits canetons jaunes et assorti à toute la chambre. Elle s’est donné beaucoup de peine pour la décorer de rideaux molletonnés, d’une carpette en forme de panda géant, d’un mobilier blanc, d’une baignoire et d’une table à langer équipée de poudre, d’huile, de savon, de shampooing, d’une brosse à cheveux, dans des tons étudiés spécialement pour les bébés. […]

Doucement, elle ferme la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. À travers la porte, elle entend ce qui ressemble aux cris d’une personne torturée. Son sens du continuum l’identifie comme tel. La nature ne dicterait pas au bébé d’hurler au martyre si tel n’était précisément pas le cas. L’heure est aussi grave qu’elle en a l’air.

La mère hésite, le coeur tourné vers son tout-petit, mais tient bon et s’éloigne. Il vient juste d’être changé et de boire. Elle est persuadé dès lors qu’il n’a pas vraiment besoin de quelque chose. Et elle le laisse pleurer jusqu’à l’épuisement.

[…] Lorsqu’il pleure dans son landau, il est souvent récompensé par des signes de vie. Sa mère agite le berceau car elle a appris que cela avait tendance à le calmer. Le désir douloureux de mouvements, d’expériences, tout ce que ses ancêtres ont connu, eux, pendant leurs premiers mois, est partiellement apaisé par les ballottements du landau, qui lui procurent médiocrement une petite expérience, mais cela vaut mieux que rien. Les voix autour de lui ne sont pas associées à un événement qui le concerne et représentent donc peu de chose en terme de satisfaction de ses attentes. Néanmoins, elles lui apportent certainement plus que le silence de sa chambre d’enfant. Son expérience du continuum est pratiquement nulle: l’expérience principale éprouvée jusque-là est celle du désir.

[…] il y a l’ours en peluche ou autre poupée molle « avec qui dormir » qui sont censés donner au tout-petit l’impression d’une compagnie constante. L’éventuel attachement acharné qui se crée parfois est perçu comme un charmant caprice juvénile plutôt que comme la manifestation d’un manque aigu réduisant le petit à se tourner vers un objet inanimé, tant est forte son envie d’avoir un compagnon fidèle. Les landaus et les poussettes qui balancent en sont un autre exemple. Cependant, leurs mouvements sont un substitut si monotone et si maladroit des bras d’une mère qu’ils ne réussissent que très peu à apaiser les désirs du nourrisson esseulé. Il y a aussi les jouets qui pendent au-dessus du berceau ou du landau et qui sonnent, chantent ou carillonnent quand le bébé les touche. Ce sont souvent des objets colorés enfilés le long d’une ficelle, qui constituent un élément à regarder en plus des murs. Oui, ils attirent son attention. Mais on ne les change que rarement, pour ne pas dire jamais. Ainsi, ils ne répondent pas du tout à son besoin de diversité d’expériences audio-visuelles tellement nécessaires à son développement.


Je me console en me disant qu’il ne doit plus y avoir beaucoup de parents qui agissent de la sorte. Laisser pleurer un bébé (ou même un enfant) jusqu’à l’épuisement… ouf! Je pense qu’il faut vraiment être dans sa tête, il faut s’arracher le coeur!

De façon plus générale, j’aime bien le passage sur les objets de puériculture. Parce que pour cultiver des bébés, ça prend des trucs… pour ma part, je pense qu’il y a une marge entre « préparer son nid » qui est un phénomène tout à fait normal et souhaitable lorsqu’on est enceinte, et se concentrer sur tous ces objets que le bébé ne remarque même pas et qui sont, à la limite, si peu important pour lui. Pour moi, la meilleure des préparation, c’est de s’assurer d’être bien entouré, d’être bien reposé, d’avoir de la bouffe prête si on n’a pas une maman qui va venir cuisiner pour nous, et avoir un corps et un esprit prêts à accueillir ce grand changement de la nouvelle paternité ou maternité. Notre corps est le nid du bébé, même après en être séparé physiquement.

Pour ma part, je n’ai que 2 maternités à mon actif, mais entre les deux se trouve un monde! Je me suis plongée beaucoup plus à fond dans ma deuxième expérience. Je vois aussi ce que je pourrai faire pour ma troisième, encore un monde, j’en suis sûre! Peu à peu, je me reconnecte à mon coeur, à cette sagesse de maman qui est là, en moi. Les livres que je lis ne me disent pas quoi faire, mais comment faire pour aller contacter cette sagesse. Je sens mes enfants de plus en plus épanouis et moi aussi, c’est ce qui compte!

Je ne peux pas rattraper mes « erreurs » (non, je ne crois pas aux « erreurs », je suis persuadée que rien n’arrive pour rien et que mes enfants sont venus chercher ce qu’il y a de mieux pour eux, peu importe ce que je fais… parce que ce que je fais, je le fais toujours par amour et au meilleur de mes connaissances!), mais je peux continuer à cheminer vers un plus grand bien-être familial en retournant le plus possible à l’essentiel. Et tout le monde sait que, l’essentiel, c’est d’être aimé!! 😉