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Réflexions sur l’attachement

Quelles semaines de fou! Moi qui pensait que tout se calmerait puisque la rentrée était à nos portes… je me trompais royalement! Tout ça pour dire que ça fait un bout que je n’ai pas ouvert mon livre du moment. Mais voilà, j’ai pallié à ce détachement ce matin… c’est pour ça que je me pencherai sur le phénomène de l’attachement du nouveau-né humain. Voici donc un extrait du Concept du continuum, des pages 93 à 95.

[…] le bébé rste en contact étroit avec le corps de sa mère dès le moment où il émerge de l’utérus. Lorsqu’il commence à respirer seul, qu’il repose sereinement sur sa mère, calmé par ses caresses, et lorsque le cordon ombilical a cessé complètement de battre et est coupé, la mère donne le sein à son petit, sans attendre qu’il soit lavé, pesé, examiné… C’est à ce moment précis, juste après la naissance, lors de la première rencontre de la maman et de son bébé en tant qu’individus distincts, que doit avoir lieu l’événement capital de l’attachement. Il est bien connu que de nombreux jeunes animaux s’attachent à leur mère au moment de la naissance. Les oisons, dès qu’ils sortent de l’oeuf s’attachent à la première chose qu’ils voient bouger. Cette chose est évidemment censée être leur mère, mais même s’il s’agit d’un jouet mécanique ou de Konrad Lorenz, ils sont contraints par leur instinct à le suivre partout. […] Chez les humains, contrairement à la plupart des autres espèces, il faut que ce soit la mère qui s’attache à son bébé. Un bébé humain est en effet trop fragile pour suivre quelqu’un et pour maintenir le contact avec sa mère autrement qu’en le lui signalant quand elle ne réussit pas à répondre à ses attentes.

Cet élan d’attachement, d’une importance vitale, est enraciné si profondément dans la mère humaine qu’il passe avant tout ce qu’elle peut ressentir d’autre. Peu importe son état de fatigue, sa faim, sa soif ou toute autre préoccupation motivée par un égoïsme naturel, son seul désir est d’allaiter et de conforter ce petit étranger pas très joli. S’il n’en était pas ainsi, nous n’aurions jamais survécu à ces centaines de milliers de générations. L’attachement, ou le lien, provoqué par la séquence d’événements hormonaux lors de l’accouchement doit avoir lieu immédiatement, sinon il est trop tard. […]

Que se passe-t-il si on empêche l’attachement d’avoir lieu, si on enlève le bébé alors que sa mère est censée le caresser, le porter vers sa poitrine, dans ses bras et dans son coeur, ou si la mère subit trop l’effet des médicaments pour vivre pleinement cet attachement? Apparemment, le stimulus d’attachement, s’il n’est pas satisfait par la rencontre tant attendue avec le bébé, cède la place à un état de deuil. Dans toute l’histoire des naissances humaines, lorsque la mère ne ressent pas cette vive tendresse, c’est parce que le bébé est mort-né. La réaction psychobiologique est une réaction de deuil. […]

Quand, tout à coup, l’hôpital moderne, après des heures ou même seulement des minutes, rend le nouveau-né à sa mère, elle se culpabilise d’être incapable de « cajoler » ou « d’aimer son bébé à la folie » et souffre d’une tragédie civilisée classique appelée « dépression post-partum normal »… juste quand la nature l’avait au mieux préparée à un des événements émotionnels les plus profonds et les plus influents de sa vie.

Ouf. Voici mes expériences. Premier bébé né à l’hôpital Lasalle. Un hôpital réputé « naturel », non-interventionniste. C’est pour ça qu’on l’avait choisi. J’ai eu un accouchement « naturel »: sans hormones de déclenchement (sauf pour l’expulsion du placenta), sans épidurale, sans césarienne, sans forceps, ni ventouse. Par contre, j’étais diagnostiquée porteuse du Streptocoque B, j’ai donc eu des antibios par intraveineuse aux 4h (donc 2 fois) et j’ai aussi eu droit à plusieurs prises de sang (ma pression était très élevée). De façon subjective, mon expérience d’accouchement n’a pas été super positive. J’ai été terrassée par la douleur, je souffrais atrocement. Couchée dans mon lit la plupart du temps, dans le bain à 2 reprises, mais jamais avec beaucoup de mouvements, j’avais beaucoup trop mal pour bouger… On a mis mon bébé sur moi immédiatement après la naissance, il a pris le sein dans l’heure qui a suivi. On l’a quand même repris rapidement pour le peser, et suivre tous les protocoles. J’ai eu beaucoup de difficulté à m’attacher à ce bébé… Je me souviens dire à une amie que je ne comprenais pas trop ce que ça voulait dire aimer inconditionnellement… je m’attendais à un amour foudroyant qui ne venait pas… Il a bien fini par venir, cet amour inconditionnel, cette tendresse démesurée, mais au bout de plusieurs semaines, voire plusieurs mois…

Deuxième accouchement: à la maison. Deux sage-femmes discrètes, mon homme qui me soutient sans relâche. Je bouge beaucoup, je surfe sur les contractions. Ça fait mal, mais je ne souffre pas. Le temps de travail est exactement le même qu’a mon premier accouchement, mais tout est différent. Mon bébé nait, on le met sur moi: je capote! C’est l’explosion. Le coup de foudre. Je comprends maintenant le sens profond du mot attachement.

Je ne sais toujours pas si le lien qui m’unit avec mon deuxième est si particulier parce que c’est encore un bébé (il a 19 mois), parce que nous avons simplement des atomes crochus ou si c’est vraiment à cause de l’accouchement. J’imagine que je n’aurais jamais la réponse… Je tiens aussi à dire que, mes enfants, je les aime autant l’un que l’autre, il n’y a aucun doute là-dessus. C’est d’ailleurs ce qui me fait douter de la réponse, peut-être que mon deuxième m’énerve plus facilement parce qu’il est plus vieux, donc plus de raisons de conflit…

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Quelles sont vos observations face à tout ça, vos expériences? Comment se sont passé vos accouchements, de façon subjective, émotionnelle? Comment vivez-vous vos multiples maternités?